Peur bleue

Les patrons se font une peur bleue avec l’affaire Ghosn. Il suffit de lire les pages saumon du Figaro, qui détaillent les aventures de l’ancien PDG de Renault-Nissan – lequel retourne à la case prison – pour mesurer à la fois l’empathie des possédants avec l’un des leurs pris la main dans le sac et la crainte qu’une telle « mésaventure » ne leur arrive.

Les dernières charges retenues contre Ghosn (argent planqué à Oman pour financer via une société bidon libanaise un yacht pour sa petite famille), venant s’ajouter à bien d’autres turpitudes, montrent une nouvelle fois le fonctionnement arbitraire de ces petits tyrans capitalistes qui prétendent piloter le monde.

Tous (voir les leaders du CAC 40) vivent dans un sentiment d’impunité, tous s’entourent de cour à leur dévotion, tous pressentent la fragilité de leur pouvoir, et doivent se répéter cette sentence attribuée à la mère de Napoléon : Pourvu que ça dure…

Ghosn, qui il y a trois mois encore était attendu partout comme le messie, « que les chefs d’État voulaient voir dans chaque pays où son avion se posait » (dixit un haut cadre de l’entreprise), lui qui régnait sur 450 000 salariés, Ghosn est à l’image de ce système capitaliste tout à la fois spectaculaire et vermoulu, un système condamné.

Gérard Streiff

avril 10, 2019

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