Loi Mobilités : la montagne accouche d’une souris

Des investissements deux fois trop faibles (2,5 milliards et demi au lieu de 5 milliards), pas de baisse de la TVA sur les transports publics, aucune nouvelle recette pour les transports publics, un budget vélo riquiqui, une forfait mobilité durable « optionnel » donc symbolique, aucune incitation au report du transport de marchandises vers le rail et la voie d’eau, refus d’interdire les vols court-courriers, privatisation programmée de la RATP et de la SNCF : le constant est désespérant.

La Loi d’Orientation sur les Mobilités est en débat à l’Assemblée depuis le début de la semaine. Et de jour en jour, au fur et à mesure que les amendements sont rejetés les uns après les autres, la Loi sur les Mobilités révèle ce qu’elle est : un pur effet d’annonce, avec quasiment aucune mesure concrète.

Après deux ans de concertation, la montagne accouche d’une souris. Le niveau d’investissement de l’Etat dans les infrastructures de transport reste à un niveau dramatiquement bas, soit 2,5 milliards par an. Il faudrait 5 milliards par an pour bien faire, pour assurer une vraie relance du rail, pour développer un réseau de voies cyclables de 100 000 kilomètres. L’austérité s’installe sur les transports publics.

Nombre d’agglomérations vont devoir affronter des encombrements croissants, puisque les projets d’infrastructures ne verront pas le jour. On attendra encore longtemps la construction de nouveaux métros à Marseille, Toulouse, Bordeaux ou Nantes si rien ne change. La fermeture de milliers de kilomètres de lignes de train est programmée, avec un effet dévastateur sur les villes moyennes et les territoires ruraux. Le pays du Tour de France risque de devenir lanterne rouge au niveau européen pour la pratique du vélo. Les camions vont régner toujours plus en maître sur le transport de marchandises.

Jusqu’au bout de l’examen du projet de loi, les députés communistes vont batailler pour proposer des nouvelles recettes, pour investir pour les transports publics et les circulations douces.
Mais la bataille ne fait que commencer. La prise de conscience est là. Les mobilisations doivent se développer très largement, comme la lutte des cheminots pour la défense de la SNCF, comme les mobilisations pour la sauvegarde du train Perpignan-Rungis, pour l’interdiction des vols court-courriers, pour la construction de nouveaux métros, tramways, axes cyclables, pour la défense de très nombreuses lignes du réseau ferré, pour les trains de nuit, pour la baisse du prix des billets, …
Des luttes fondatrices comme celle sur la gratuité des transports publics gagnent du terrain. Nous pouvons et nous devons gagner à terme une vraie loi sur les mobilités.

juin 8, 2019

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