La crise sanitaire ne doit pas devenir une crise éducative !


Depuis la nécessaire fermeture des établissements scolaires, il y a deux semaines, le ministre Blanquer et le gouvernement ont multiplié les déclarations, sans jamais apporter de véritables réponses aux problèmes posés par les enseignant-e-s, les personnels et les familles. Pire, il cherche maintenant à instrumentaliser la crise pour imposer leurs réformes régressives !

L’urgence est de protéger les salariés.

À l’école comme ailleurs, l’urgence est de protéger les salariés : l’ensemble des personnels mobilisés pour accueillir les enfants de soignants doit être équipé de masques et du matériel nécessaire pour faire leur travail sans se mettre en danger, ni eux, ni leurs proches.

La « continuité pédagogique » est un mensonge de plus.

L’inquiétude des familles, qui craignent les effets de cette interruption prolongée sur la scolarité de leurs enfants, est légitime. La « continuité pédagogique » est un mensonge de plus : elle ne fonctionne ni pour les élèves de l’enseignement agricole, technologique et professionnel, ni pour les familles qui ne disposent pas du matériel nécessaire ou d’une connexion internet suffisante, ni pour celles qui n’ont pas le temps ou les aptitudes pour encadrer le travail de leurs enfants… Une nouvelle fois, le ministre croit pouvoir masquer les conséquences de sa politique éducative par un discours déconnecté des réalités.

Les épreuves finales du BAC doivent être aménagées.

Le gouvernement doit cesser de nier l’évidence : pendant l’interruption scolaire, les enseignants peuvent continuer à accompagner leurs élèves, mais ils ne peuvent pas avancer dans les programmes. Le baccalauréat ne peut pas être simplement reporté : les épreuves finales, si elles peuvent se tenir, doivent être aménagées pour permettre à toutes et tous de réussir alors qu’une seule partie seulement du programme aura été traitée. Ces aménagements doivent être élaborés en concertation avec les organisations représentatives des enseignant-e-s et annoncés au plus vite.

Suspendre Parcoursup.

Cette situation aggrave encore l’injustice et l’arbitraire du fonctionnement de « Parcoursup ». Est-il nécessaire d’ajouter cette pression aux angoisses autrement plus graves que les élèves et leurs parents vivent en ce moment ? Nous demandons au gouvernement de suspendre la campagne Parcoursup, de mettre fin immédiatement à la sélection à l’entrée de l’université et de garantir à l’ensemble des bacheliers l’accès à une formation choisie dans le supérieur.

Les fournisseurs d’accès internet doivent contribuer à l’effort national.

Pour limiter l’aggravation des inégalités, des mesures d’urgence doivent être prises. Les éditeurs de manuels scolaires et certaines chaînes de télévision ont déjà rendu disponibles des supports éducatifs en accès libre. Le gouvernement doit maintenant exiger des fournisseurs d’accès internet qu’ils contribuent à l’effort national, par exemple en passant tous les forfaits en illimité le temps de la crise.

Aucune fermeture de classe ni réduction de moyens, nulle part.

Si la crise sanitaire est aussi grave, c’est que les politiques d’austérité, en attaquant le service public, ont rendu notre société vulnérable. Elle ne doit pas être instrumentalisée pour engager des réformes inégalitaires ! La carte scolaire pour l’année prochaine s’élabore en ce moment, alors que la concertation et la mobilisation sont impossibles : toutes les fermetures de classes et les suppressions de postes doivent être suspendues. La rentrée 2020 doit être organisée selon un principe simple: aucune réduction de moyens, nulle part.

avril 3, 2020

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