Aujourd’hui comme demain, défendons l’hôpital public

Journal du confinement #2

Par Catherine Vaissière*

Chaque jour, des centaines de milliers de Français·es applaudissent à leurs fenêtres et balcons le personnel soignant des hôpitaux, des EHPAD, en première ligne dans la lutte contre le virus, pour sauver des vies coûte que coûte.Mais n’oublions pas que depuis des mois, voire des années, ce même personnel défilait dans les rues et tirait la sonnette d’alarme. Leurs constats s’avèrent justes : nos hôpitaux sont en danger depuis bien trop longtemps, par manque de personnel, de matériel et de lits pour accueillir les patient·e·s.Les professions de santé sont sous-payées et surexploitées. Les services ne tiennent que grâce à la conscience professionnelle du personnel qui donne tout jusqu’à la limite de ses forces. Alors face à une crise sanitaire telle que celle que nous vivons, les services d’urgences se trouvent saturés, en sous-effectif, à la recherche désespérée de solutions pour les malades.Le 30 janvier dernier, plus de 1 000 chefs de service de l’hôpital public avaient démissionné de leurs fonctions administratives pour « sauver l’hôpital public ». Ils dénonçaient la gestion des hôpitaux comme des entreprises privées, amenant à des économies absurdes.En 1981, pour 1 000 habitant·e·s la France comptait 11 lits d’hôpital. Aujourd’hui nous sommes à 6,8 pour 1 000… Au cours des deux dernières années, 4 418 lits ont été fermés. Nous payons aujourd’hui le prix de ces mesures d’austérité.Il y a quelques semaines un médecin neurologue de l’hôpital de La Pitié Salpétrière, face à Emmanuel Macron lui affirmant « Je compte sur vous », répondait au Président « Vous pouvez compter sur nous. L’inverse reste à prouver ». Et il continuait ainsi : « Les personnels hospitaliers, le corps soignant dans son ensemble a fait tous les efforts nécessaires. Nous sommes au bout… il faut absolument refinancer en urgence l’hôpital public »Quand la pandémie de Covid-19 sera derrière nous, quand nous sortirons du confinement, le plus nombreux possible, certains épargnés par le virus, d’autres guéris grâce au personnel soignant, n’oublions pas et battons-nous avec eux pour réclamer des moyens pour l’hôpital public car durant tous ces mois, ils se sont battus pour nous, ils en font la démonstration tous les jours. Alors nos applaudissements n’auront pas été vains.
*Habitante des Gondoles, Catherine est médiathécaire retraitée de la Ville de Choisy-le-Roi et militante du PCF.

avril 7, 2020

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