Big Pharma : au-delà de la critique, des propositions !

Journal du confinement #3

Par Laurent Ziegelmeyer*

La pandémie montre bien qu’il est temps de remettre sur la table des propositions sur l’industrie pharmaceutique.

Tout d’abord, faisons la différence entre les dirigeants de ces grands groupes qui comme leurs actionnaires se gavent (le terme est faible) et les salarié·e·s qui, d’abord et avant tout, veulent contribuer à améliorer la santé !

Cette crise montre bien que le médicament, le vaccin ne sont pas des produits comme les autres. Dans cette période, on peut arrêter de fabriquer des « Playmobils », pas des médicaments !

En plus de toutes celles et ceux en première ligne contre le virus, il y a les salarié·e·s de l’industrie pharmaceutique qui travaillent sur le Covid-19, mais continuent aussi à produire les autres médicaments, car toutes les autres maladies n’ont pas arrêté de sévir !

Cette crise montre bien que les seuls intérêts privés ne peuvent régler la situation, que la puissance publique doit jouer un rôle car la question c’est la coopération pour combattre ce virus, et non la compétition.

Prenons un exemple : l’usine Famar en région lyonnaise, seule à produire de la chloroquine, est en redressement judiciaire ! Faisons aussi un peu d’histoire : en 2003 Aventis, descendant direct de Rhône Poulenc et Roussel Uclaff, a vendu ce site à l’entreprise grecque Famar. Cette entreprise, prise dans d’énormes difficultés, a été reprise par le fonds américain KKR. KKR a placé cette usine en redressement judiciaire et les 11 autres usines de Famar sont en cours de vente à la découpe.

Je pourrais aussi évoquer le nombre de principes actifs fabriqués en Chine et en Inde aujourd’hui, comme le paracétamol, mettant en danger notre souveraineté sanitaire.

Enfin, sur la recherche, Sanofi a décidé de fermer le centre d’Alfortville il y a un an. Malgré la pandémie, le plan continue d’être mis en œuvre. Rien que dans ce groupe, les effectifs de recherche en France ont fondu de moitié en 10 ans !

Ces différents exemples montrent bien que dans ce domaine, on ne peut pas faire confiance au privé. Alors oui, un pôle public de recherche et de production pharmaceutique est indispensable dans notre pays. « Impossible ! » vont hurler les libéraux et les patrons de cette industrie. Ils ont la mémoire courte.

Prenons Sanofi, dont les origines généalogiques sont principalement partagées en 3 :

– Rhône Poulenc, nationalisée au début des années 1980, ce qui a sauvé l’entreprise

– Roussel Uclaff, où l’Etat a eu jusqu’à 40% du capital

– Enfin Sanofi, filiale pharmaceutique du pétrolier Elf, qui était une entreprise publique

C’est donc bien l’argent public qui a permis la constitution de ce groupe. Un pôle public pharmaceutique est possible, indispensable et nécessaire, mais avec une gestion qui à la différence des années 1980 devra prendre en compte l’avis des salarié·e·s et les besoins de santé ici et ailleurs !

*Communiste choisyen, Laurent est salarié du groupe Sanofi et élu du personnel. Il est également conseiller municipal délégué.

avril 8, 2020

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