Face au virus, l’engagement essentiel des associations de sécurité civile

Journal du confinement #5

Par Pierre Dupuis*

Les acteurs les plus connus de la sécurité civile en France sont les sapeurs-pompiers professionnels, qui sont des fonctionnaires territoriaux, les sapeurs-pompiers volontaires, qui sont les plus nombreux et exercent leur mission en plus d’une activité professionnelle, mais aussi les militaires, comme les Marins-Pompiers à Marseille ou la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) pour la capitale et la petite couronne.

Côté santé, le service d’aide médicale urgente (SAMU), connu aussi comme le 15 ou Centre 15, est le centre de régulation téléphonique des urgences d’une région sanitaire. C’est un service d’urgence qui répond à la demande par téléphone, prodiguant des conseils à distance ou engageant des moyens hospitaliers, les services mobiles d’urgence et de réanimation (SMUR) et leurs ambulances de réanimation, des ambulanciers privés ou des moyens de sécurité civile.

Un maillon moins connu vient pourtant s’insérer dans la chaîne des secours : les bénévoles des associations agréées de sécurité civile (AASC). En temps normal, ces associations contribuent à la mise en place des dispositifs de sécurité civile dans le cadre de rassemblements de personnes (les ambulances qui sillonnent les allées de la Fête de l’Humanité, par exemple).

Elles peuvent aussi assurer des actions d’enseignement et de formation en matière de secourisme. Elles sont présentes auprès des personnes sinistrées (incendies, inondations) ou défavorisées (maraudes sociales, collectes des banque alimentaire). Elles s’insèrent également dans les opérations de secours, en mettant des engins à disposition du SAMU ou au sein des casernes de la BSPP.

Les AASC présentes sur Choisy sont la Croix-Rouge Française (CRF), qui y dispose d’une unité territoriale et d’une banque alimentaire, et le Centre Français de Secourisme (CFS) du Val de Marne, dont je suis bénévole. Basé à Thiais, le CFS intervient régulièrement sur la ville, notamment lors de maraudes sociales.

C’est donc tout naturellement que les AASC sont présentes dans les actions mises en place face au Covid-19. Côté CFS par exemple, nous sommes engagé·e·s auprès du SAMU, aux côtés d’autres AASC : Croix-Blanche, Croix-Rouge, Protection Civile, Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme) ou encore Association Nationale des Premiers Secours.

Trois missions sont principalement assurées :

  • l’aide à la prise d’appels 15 : après un premier tri effectué par les assistant.e.s de régulation médicales (ARM), les bénévoles répondent aux appels spécifiques COVID et proposent une orientation de la personne requérante,à l’aide d’une grille de lecture, soit de nouveau vers les ARM si une urgence est décelée en plus du virus, soit vers un médecin qui effectuera une consultation par téléphone.
  • la coordination inter-associative : le SAMU peut décider d’engager un moyen de sécurité civile si une urgence vitale est décelée ou pour effectuer une levée de doute. La salle de régulation inter-associative gère le départ des Véhicules de Premiers Secours à Personnes (VPSP), la prise prise en compte des bilans secouriste et l’aide à la régulation médicale.
  • les gardes SAMU : des équipes « arment » les VPSP et sont stationnées à divers endroits du département. Sur demande de la régulation SAMU, elles assurent les interventions auprès des personnes, qui peuvent être liées au COVID ou relever du prompt secours, en effectuant un bilan secouriste, en le transmettant à la régulation inter-associative et, le cas échéant, en transportant la victime vers une structure de soin. Une cinquantaine d’interventions sont quotidiennement effectuées sur le département.

*Pierre Dupuis, habitant de Choisy-le-Roi, est membre du PCF et secouriste bénévole dans une AASC.

Crédit photos : Centre Français de Secourisme du Val de Marne

avril 9, 2020

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